Ma p’tite vie sauvage

Comment dire? J’aime vraiment être seule. Pas mal tout le temps. Si on m’avait dit que j’arriverais à faire tout ce que je fait seule aujourd’hui lorsque j’avais 20 ans, jamais je l’aurais crue. Aujourd’hui, c’est l’inverse, il y a tellement de choses que je faisais avec des amies que maintenant, je ne me voie plus faire autrement qu’en solo.

Là, je vous entends penser que je n’aime pas mes amies et mes proches. Absolument pas, j’adore passer du temps avec mes belles amies et ma famille, mais il a une majorité de choses que je préfère faire seule et pour vrai : c’est très correct. Je profite de chaque instant passé avec mon entourage, mais le reste du temps, je fais tout ce que je veux, quand je le veux.

Que ce soit pour aller magasiner, aller voir un film au cinéma, faire un petit roadtrip, et même partir en voyage, j’aime tous ses moments passés avec moi-même. Je ne suis plus une fille de gang comme je l’étais avant. La fille qui organisait les week-ends, les sorties, les chalets, les soupers, les anniversaires. La fille qui avait un gros cercle d’amis, toujours booké à 100% pour faire des activités ou sortir, chaque semaine. J’ai adoré cette période de ma vie, mais j’apprécie autant la période dans laquelle je suis aujourd’hui.

Avant, j’avais toujours peur d’être seule, ça a même créé des irritations dans mes relations avec les autres, la peur de l’abandon. J’ai appris à vivre sainement et de ne jamais m’accrocher aux autres pour le faire. Il n’y a rien de mieux que de vivre pour soi, à travers nos yeux à nous, nos expériences, nos envies, notre bonheur. Quand on le partage avec les autres, c’est juste encore mieux. 

Partir sur un coup de tête aller fouiner en friperie et m’arrêter au restaurant pour manger un bon repas et boire un verre de vin. Aller voir un film au cinéma avec mon gros sac de pop-corn et vivre un million d’émotions, revenir à la maison avec plein de trucs qui se bousculent dans ma tête. Des fois même parler avec moi-même pour ressentir ce que le film m’a fait vivre. Même chose quand je vais voir un spectacle ou que je vais faire une activité. C’est un bonheur indescriptible que de s’accompagner soi-même dans tout ça.

Certains diront que je suis un peu sauvage. Je ne vais pas dans les 5 à 7 du travail, ni même les party de Noël. « Pourtant, tu es organisatrice d’événements et tu n’aime pas être entourée de gens ». J’étouffe quand il y a trop de monde autour de moi, j’ai besoin de ma bulle, plus que jamais. J’aime mon métier parce qu’il me permet de rester à l’écart, loin du « show » que j’ai passé des jours, des semaines et même des mois à organiser, mais je n’y participe pas. Lorsque je fais mon pouce en l’air pour donner le « go » à mes collègues, je reste derrière à observer la concrétisation de mon organisation, loin de l’action, toute seule dans mon coin. C’est là où je me sens le plus heureuse, loin de la lumière, faire briller les autres, en sachant que j’ai réussi ma mission. Même si avant, ma vie était une fête, l’endroit que je préférais était celui au milieu d’une foule dans un bar ou un club avec un verre à la main, de la bonne musique et danser toute la nuit.

Donc oui, je suis un peu sauvage, mais pas dans le négatif du terme, parce que je suis sympathique et que j’aime les humains. Mais je préfère rester avec moi-même. Mes amies le savent et elles ne me jugent pas. Quand on se voit, je suis vraiment heureuse, mais on ne se met jamais la pression de devoir se voir de façon régulière, presqu’obligatoire ou planifiée. C’est ce que j’aime des personnes qui sont dans ma vie, on s’aime sans attendre quoi que ce soit d’une de l’autre, juste d’être là, de se respecter, de s’aimer et surtout de s’écouter.

Faire tout ce que je fait toute seule, ce n’est pas triste. C’est mon choix. Je ne fais pas pitié. Il faut cesser de croire que c’est horrible. Oui ça peut l’être pour certaines personnes si l’on parle d’isolement ou autres cas sensibles. Mais certaines personnes, comme moi, sommes heureuses et vivons très bien avec ce mode de vie. Le bonheur ne se définit pas par couple, enfant, gang d’amis. Le bonheur se définit par les choix que tu fais pour toi.

Je sais que ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec la solitude, je ne l’étais pas avant, aujourd’hui, c’est devenu essentiel. Je crois qu’il faut s’écouter, travailler fort pour se comprendre et trouver le moyen de prendre soin de soi. Je suis fière d’avoir réussi, juste de voyager seule, dans un autre pays, c’est une victoire, une barrière que j’ai réussi à dévisser jusqu’à la dernière vis et mis aux poubelles pour toujours, je l’espère. 

Je l’aime ma p’tite vie en solo, ma p’tite vie sauvage.

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