Se plaindre sans réfléchir

Attendez avant de me lancer des roches. Oui, moi aussi je chiale, souvent même. Mais jamais sans avoir un minimum réfléchi et jamais à l’encontre de mes valeurs. Ce que je veux dire, c’est que ça me fait rouler des yeux quand je vois des personnes privilégiées se plaindre :

1— sur des choses sur lesquelles personne n’a le contrôle

2— sur des choses sur lesquelles on est privilégié.

Ça me fait bouillir de l’intérieur d’entendre les gens se plaindre, par exemple, de la nourriture dans un hôtel de Cuba. Un pays qui a déjà du mal à s’approvisionner pour les habitants et qui priorise quand même les touristes dans les hôtels. On est vraiment chanceux au Québec de pouvoir trouver facilement une variété d’aliments pour tous les goûts et pour tous les budgets (ouais, pas trop en ce moment…). Dans mon hôtel, chaque fois que j’arrivais pour manger, j’étais reconnaissante de ce qu’on m’offrait. Même si, parfois, ce n’était pas très bon. J’ai mangé à ma faim et je ne me suis pas plaint. 

Ce n’est pas dans ma nature d’être désagréable, certains diront peut-être que mes standards ne sont pas très élevés, mais ce n’est pas mon genre de me plaindre que la nourriture soit bof quand j’ai l’immense chance d’avoir les moyens de faire un voyage dans un endroit paradisiaque et de ne manquer de rien. En fait, je chialerais probablement sur mon assiette si j’étais dans un restaurant à Montréal et que je devais payer une fortune pour quelque chose qui n’est pas bon.

Un couple québécois, avec qui j’ai pris l’avion, a commencé à se plaindre de tout et n’importe quoi dès qu’on a embarqué dans l’avion vers Cuba. Les sièges ne sont pas confortables, il n’y a pas de repas fournis, les enfants n’arrêtent pas de pleurer, c’est long avant de décoller, il fait trop froid. Vous voyez un peu le genre ? 

Finalement, ce couple était au même hôtel que moi (yay…). Pour ma part, j’ai dû attendre 1 h 30 à l’accueil pour avoir la clé de ma chambre. J’étais fatiguée et j’avais hâte d’être dans ma chambre, MAIS J’ÉTAIS À CUBA ! Je me suis installée sur un gros divan et j’ai commencé à lire un livre en attendant. À peine 45 minutes après, le couple est revenu à l’accueil pour se plaindre de l’odeur dans leur chambre. Ça sentait trop fort les produits ménagers. La dame à l’accueil leur a dit que c’était normal vu que le ménage venait d’être fait. Ils ont quand même exigé une nouvelle chambre et surtout UN SURCLASSEMENT comme dédommagement. J’avoue que j’ai failli leur lancer un regard rempli de jugement, MAIS je voulais passer inaperçu et me tenir loin des potentielles discussions.

Le même soir, au restaurant, ils se sont assis à côté de moi. Au moment où l’homme a demandé à 3 reprises à la serveuse de changer la chaise de sa femme parce qu’elle n’était pas confortable, je n’ai pas pu résister et j’ai roulé des yeux, sans trop me cacher. J’ai créé un petit malaise, mais je me suis levée et je suis repartie, en laissant un 5 $ sur la table et en remerciant les 3 serveuses une à une avec un immense sourire. D’ailleurs, ces gens n’ont jamais laissé de pourboire chaque fois que je les ai vus dans un restaurant.

J’étais fatigué pour eux, à force de toujours être insatisfait, la vie doit être lourde. Ils se plaignaient de la nourriture, des cocktails, de la température de l’eau, de la musique, de la température en général, du confort des chaises longues, DE TOUT. Dès qu’ils s’installaient près de moi, après dix minutes, je devais ramasser mes affaires et aller m’installer le plus loin possible.


Il y a des choses que j’aurais préférées différentes, mais je ne m’y suis pas attardée, au contraire. J’ai simplement enjoy le fait que j’étais en voyage, sous des palmiers, sur le bord de la plage. Un paysage qu’on n’a pas ici. Et pour vrai, la vie passe trop vite pour s’attarder toujours aux petits détails, c’est bien plus plaisant de s’accrocher à ce qui est beau !

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