** Ce texte a été écrit en 2017 **
C’était en juillet. J’étais déchirée, perdue, absolument déboussolée. C’était ma première rupture et je ne savais pas si j’allais arrêter de souffrir un jour. Je venais d’avoir 25 ans. C’est un grand événement dans une vie, mais moi je l’ai passé à brailler, avec des yeux rouges et gonflés.
Puis, en octobre, on m’a proposé de partir en voyage au Mexique. J’ai dit oui. En fait, je n’avais pas le choix d’accepter. J’avais besoin de fuir ma réalité, besoin de revenir guérie de cette peine d’amour, de cette rage qui me dévorait de l’intérieur; qui rongeait mon cœur et mon âme.
À ce moment-là, je lui en veux de m’avoir laissé tomber de cette manière. Sauvagement. De m’avoir détruite en quelques secondes, le jour de mon anniversaire. En dedans de moi, j’ai un trou immense juste à penser à lui. J’ai juste envie de crier le plus fort possible, jusqu’à m’époumoner. Autour de moi, les gens s’inquiètent. Ils ont peur pour moi et j’avoue que moi aussi. La souffrance ne me va pas bien. J’ai toujours été fragile mais, en ce moment, c’est beaucoup trop intense. J’ai peur de ne jamais m’en remettre.
Ça fait déjà 3 mois que c’est fini et ça fait toujours aussi mal. Lui, il est avec elle. Celle qui m’a remplacée. Moi, je suis seule et j’accumule les aventures d’un soir. J’ai rappelé mes anciens amants. Ils me changent les idées le temps d’une nuit. Malgré leurs efforts, je n’arrive pas à balayer ma souffrance. J’ai besoin de changer d’air, de laisser mon passé derrière moi. Je ne peux pas continuer de faire semblant que ça va bien, je ne peux continuer de pleurer chaque soir et surtout, je ne peux continuer de penser à l’homme qui ne mérite aucunement que je pense à lui.
On est en octobre et on part pour le Mexique, mes deux cousines et une amie. Elles le savent que je suis fragile. Je n’arrête pas de me lamenter et de brailler. Je ne suis pas de bonne compagnie et je me sens mal. Je sais que je dois mettre le focus sur ma guérison et profiter de cette semaine pour entamer un nouveau départ dans ma vie. Criss, j’ai 25 ans, je suis belle, en santé et j’ai toute la vie devant moi. Je n’ai pas le choix d’être heureuse et de profiter des belles choses. L’hôtel est magnifique. C’est toutes notre première fois au Mexique et on est littéralement sous le charme. On profite de la plage, de la bouffe, on boit tout ce qui a l’air bon, on se couche tard et je fume un paquet de cigarettes par jour. Parce que oui, cette rupture m’a fait recommencer. On prend des photos et on s’amuse, la nuit nous appartient. On va au Coco Bongo, l’attraction populaire du Mexique, et on passe littéralement une soirée magique. L’alcool coule à flots et je m’amuse réellement. Je n’ai pas l’impression de faire semblant, je ressens vraiment du bonheur. Cette soirée est parfaite.
On est au milieu de la semaine et je sais déjà que je n’ai pas envie de retourner à Montréal. Je veux rester ici, là où mon esprit peut se perdre, là où mon cœur n’a plus mal. J’ai l’impression que les filles me trouvent moins ‘‘gossante’’. Ça paraît peut-être que je suis en train de m’en remettre? On est le soir, on vient d’aller souper. C’était bon. On est dans le lobby et on boit un verre. Des gars qu’on avait spottés la veille viennent nous voir. Ils sont là pour le travail, une semaine de conférences sur un produit dont je ne me souviens plus le nom, puisque je m’en crissais un peu. L’un d’eux avait la langue sortie et bavait littéralement devant ma cousine depuis la veille. Puis, un homme, un vrai vient s’asseoir avec nous. C’est leur boss. Il est beau, en shape et bien habillé. Il a l’air d’avoir dans la trentaine, rien à voir avec les gars dans la vingtaine. Je le trouve attirant. Je me sens tout à coup séductrice et prête à faire un move. Il me parle et me regarde directement dans les yeux, chose qui normalement me gosse et me rend mal à l’aise. Mais là, je suis conquise. Je le scrute du regard, ses mains sont si attirantes que je me surprends à avoir envie qu’il me touche. Je ne comprends pas trop ce qui se passe, mais mon corps en entier frissonne, ce qui n’est pas dans mes habitudes.
On jase, on boit et on a tous beaucoup de fun. Il nous fait découvrir un drink brésilien : le caïpirhiña. C’est traître. Après 4, je passe mon temps à me rendre à la toilette pour pisser. Je sors du lobby pour aller fumer puisqu’à l’intérieur, c’est non-fumeur. Il vient me rejoindre subtilement, puis reste de son côté et me regarde. Je m’assois dans l’escalier et je fais semblant de ne pas le regarder. Il s’approche et s’assoit juste assez près pour que je sente l’odeur de son parfum. Je suis étourdie. On jase. On entre. On ressort fumer 2-3 fois. Plus j’enfile les drinks, plus la gêne disparaît. On finit par se sauter dessus et frencher solide! Et c’est là qu’il me demande si je veux l’accompagner à sa chambre. Je lui fais oui de la tête. Un french plus tard, on dit bye à nos amis et on part comme deux ados qui viennent de faire un mauvais coup.
On arrive à sa chambre, en fait dans sa suite. Je capote tellement c’est luxueux. Ma chambre est bien mais ça, c’est absolument grandiose. Les grandes fenêtres avec d’immenses rideaux blancs, une salle de bain avec un bain, une douche et 2 lavabos, choses que j’aurais vraiment adorées avoir dans ma chambre, que je partage avec ma cousine. Je n’ai pas le temps d’enlever mes sandales que je suis déjà étendue sur le méga lit “california king size”, où une orgie pourrait clairement avoir lieu. On s’embrasse, on se caresse. Il est aux petits soins avec moi. J’oublie que je ne suis pas super à l’aise sexuellement d’habitude. J’ai comme un malaise, puisque je n’aime pas tellement l’acte sexuel en soi. Je me cherche encore. Sa bouche, sa langue, ses mains, ses doigts m’offrent toutes les sensations de bonheur. Est-ce l’alcool qui m’offre cette combinaison de plaisirs? Je ne sais pas, mais je profite du moment présent, qui est tout nouveau. J’ai l’impression que mon corps en entier est un diamant pour lui : il le contemple et le caresse comme si j’étais précieuse. Dans ma tête, il ne se passe rien. Je me laisse guider dans cette aventure, je me sens renaître et mon corps au complet frissonne. On baise toute la nuit. Malgré nos taux d’alcoolémie, on est tous les deux à la hauteur de nos attentes. Il ne cesse de me dire que je suis belle, que j’ai des beaux seins et que je l’excite. Mon estime remonte à chaque compliment qu’il me fait. C’est comme une thérapie, mais pratique. J’aime l’ensemble du moment passé avec cet homme, cet inconnu.
On dort chacun de notre côté, on ne se parle pas. On profite uniquement de la présence de l’autre, du fait de ne pas dormir seuls. Le matin, je me réveille nue parmi les draps blancs. Il est déjà parti pour une autre journée de conférences. Il y a une note sur la table de chevet :
Merci pour cette nuit. Passe un beau reste de voyage xx
Et là, je me demande un instant si je lui laisse mon numéro, pour qu’on se revoit lors de notre retour à Montréal. Finalement, je me rhabille et quitte la chambre. Je laisse la porte se refermer derrière moi, laissant la nuit dans cette pièce devenir un doux souvenir sans suite. Je n’ai laissé que sur un bout de papier un : Merci, avec un petit cœur et je suis partie.
Je tente de me rappeler son nom, parce que si je n’ai aucun black out de la nuit dernière, j’ai oublié son prénom. Je reviens dans ma chambre et je ne peux passer à côté des questions de mes cousines, suite à cette nuit. Mon visage en entier illumine. Le reste du voyage, je suis zen. J’ai la confirmation que la vie continue. Une rupture, ça fait mal, mais il y a un après, et c’est juste moi qui aie le contrôle sur comment je désire le vivre. Je l’ai croisé durant la semaine. On s’est échangés des sourires, sans plus. C’était une histoire d’une nuit et c’est parfait comme ça.
Je reviens à Montréal sereine, comme si ma douleur était restée au Mexique. Je sais que je suis sur la bonne voie pour être guérie de cette rupture. Ça aura pris du temps, mais j’ai eu la claque dont j’avais besoin pour me remuer et faire en sorte d’oublier, de passer à autre chose. L’espoir est revenu dans ma vie et c’est un sentiment tellement agréable et libérateur. Je regarde le plafond de ma chambre et je repense à mon voyage, à mon avenir et à tout ce que j’ai envie de faire. Je me rends compte que je peux tout faire, il suffit de travailler fort. Je ne peux pas dire encore que je ne souffre plus de l’absence de celui qui a décidé de me quitter, mais je sais qu’un jour son visage s’effacera de ma mémoire.
Quand je raconte ma nuit au Mexique, mes amies sont toutes ouïes. C’est digne d’un film romantique! Elles ne comprennent juste pas pourquoi je n’ai pas voulu rester en contact avec lui. Je leur explique que, le lendemain de cette nuit torride, j’ai croisé un des employés de mon one night,et un peu discuté avec lui. J’ai appris que cet homme avec qui j’avais passé la nuit avait 41 ans. Je n’aurais jamais cru avoir un jour une aventure avec un homme mature. J’avoue avoir été surprise. Mais maintenant, je peux raconter cette histoire en mentionnant que mon premier rebound fut avec un homme d’expérience, dans une suite luxueuse au Mexique lorsque j’avais 25 ans.
Publié le 14 avril 2017 sur – Folie Urbaine Révisé par Karianne



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